Riche de diplômes en Comptabilité et en Transport Logistique, c’est pourtant dans l’engagement citoyen que Chamma Gheha trouve son plus grand bonheur. Il met quotidiennement son temps, son énergie, son savoir et sa passion au service du développement de sa communauté. La priorité de l’ancien jeune parlementaire du Bénin réside dans les questions de Genre et de Mobilisation sociale.

Vous voudriez vous présenter à nos lecteurs s’il vous plait !
Je m’appelle Chamma GBEHA et je suis un Béninois et un Adja fier de ses origines. Détenteur d’un baccalauréat série G2 (Comptabilité) et d’une licence en Transport Logistique, ma passion pour le volontariat et mon désir perpétuel d’apprendre m’ont poussé vers d’autres horizons. J’ai acquis des compétences et des notions dans bien de domaines. Je suis aussi Blogueur et Consultant sur les questions de Genre et de Mobilisation sociale.
Vous êtes un jeune actif dans le domaine de l’engagement civique au Bénin. D’où tirez-vous cette envie de servir la communauté ?
Je peux dire que je dois tout mon activisme à mon entrée au Parlement des Jeunes du Bénin. Je suppose que cette occasion de rencontrer certaines personnes, de participer à certains creusets, et de davantage côtoyer la communauté, a permis au casanier et au renfermé que j’étais de voir le monde autrement. Ce que j’ai vu ne m’a pas tant plu et j’ai réalisé qu’il fallait participer au changement. J’ai réalisé que ces problèmes avaient toujours existé et que mes proches et moi en étaient même, selon le cas, des coupables ou des victimes ignorants. Depuis, servir et être le changement sont devenu mon leitmotiv.
Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours de jeune citoyen actif ?
Comme je le disais, ma participation avec succès au concours d’admission au Parlement des jeunes fut vraiment le déclencheur de tout. Elle m’a ouvert les portes du milieu associatif et de certaines sphères. J’ai été impliqué sur plusieurs projets et très vite, j’ai acquis des compétences et de l’expérience parce que j’avais soif d’apprendre et aider. C’est ainsi que j’ai pu, par la suite, aider à diriger plusieurs projets communautaires d’envergure nationale et internationale. J’ai du savoir-faire en matière de Genre, de Mobilisation sociale, de Plaidoyer, de Gestion de projets communautaires, et autres. Membre de l’AB-Bénin, de l’ASSOLUD-Bénin, de AIESEC In Benin, de AFY, du BYFC pour ne citer que ceux-là, je vis un parcours très engagé. Partout où je me trouve, je dois apporter un plus.
Quel domaine de l’engagement civique vous passionne le plus ? Pourquoi ce choix ?
J’ai développé au fil du temps une sensibilité à l’endroit de toutes les causes de ma communauté mais je m’investis beaucoup plus dans celle de l’égalité de droits des femmes et des hommes. Cette égalité constitue un préalable à tout développement. Sans l’épanouissement et l’autonomisation des femmes, une société portée uniquement par les hommes manquera toujours de force pour porter une société composée d’hommes et de femmes vers le développement. Il nous faut être uni et rendre capables les femmes autant que les hommes pour espérer le véritable développement. Je suis orphelin de père depuis l’âge de trois ans et je ne sais pas ce qu’on serait devenus, mes trois frères et moi, si ma mère, une femme, n’avait été, par la grâce de Dieu, un tant soit peu autonome et capable.
Quel bilan personnel faites-vous de l’impact que vos actions ont créé dans la communauté ? Quelle est votre dégrée de satisfaction ?
On dit que tant qu’il reste à faire, rien n’est encore fait. Mais nous sommes confiant en l’avenir parce qu’à un moment donné, nous avons su susciter des changements de comportement.
Que gagnez-vous à servir les autres quand on sait que vous n’êtes pas rémunéré pour votre engagement civique ?
Quand vous travaillez et qu’à la fin du mois, vous avez votre salaire, vous êtes content. Mais je suis sûr que le bonheur sera plus grand si vous voyez que les projets auxquels vous avez donné du temps sont des succès et impactent votre communauté. Ce bonheur est plus grand et je ne crois pas que vous vous sentiriez bien si vous gagnez de l’argent sans être utile à personne. Mais ne vous y trompez pas. J’aime l’argent. Il est doux voire indispensable. Nous sommes bien placés pour le savoir quand il nous limite dans l’exécution de certains projets communautaires. La bonne nouvelle aussi, c’est qu’en matière d’engagement civique, il n’y a pas que le bénévolat. Il y a souvent ces opportunités qui vous permettent de faire ce que vous aimez le plus (servir et créer le changement), tout en gagnant décemment votre vie.
Parlez-nous un peu des grands défis qui attendent la jeunesse béninoise dans le domaine de l’engagement civique ?
Je pense que le principal défi, c’est celui de l’éducation. Je fais partie de ceux qui pensent que bon nombre de problèmes seraient réglés si chaque personne bénéficie de l’éducation nécessaire. L’éducation aurait pu permettre aux enfants de se connecter aux notions de citoyenneté et d’engagement civique dès le bas-âge. L’éducation peut participer à l’élimination des pesanteurs socio-culturelles qui n’encouragent pas forcément l’engagement des jeunes. L’éducation peut permettre à la jeunesse de s’unir et de lutter pour ses idéaux. L’éducation peut permettre aux jeunes de pallier l’éventuel déficit de role model. L’éducation façonne l’homme et donc façonne la société. C’est le meilleur moyen d’obtenir le monde que nous voulons.
Nous arrivons à la fin de cet entretien. Quel est votre mot de la fin ?
Je ne vais pas manquer cette belle occasion de dire mes remerciements et mes félicitations à votre journal pour la précieuse aide qu’elle apporte au domaine associatif béninois. Vous accordez de la visibilité aux belles actions communautaires et vous nous permettez, à nous vos lecteurs, de nous connecter à des personnes inspirantes. Une pensée également à l’endroit de toutes ces personnes qui sont au service de leur communauté. Merci d’exister.