Eulodie Hodonou, une agronome qui ne comprend que le langage du succès

« Mon rêve est d’être Angélique KIDJO du secteur agricole au Bénin et dans le monde…»

Son ambition, c’est de planer sur le Bénin et de conquérir ensuite le monde grâce au secteur agricole comme l’a fait Angélique Kidjo grâce à la musique. Son jeune âge n’est qu’un atout et son talent sa force majeure. Eulodie Hodonou inspire par son engagement à transformer positivement les communautés et son désir permanent d’être la meilleure version d’elle-même.

Photo: Eulodie Hodonou, Agronome

Bonjour Madame, Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait !

Je suis Eulodie HODONOU, agronome, spécialiste en production végétale. Passionnée des questions de Genre et d’environnement, je travaille pour l’atteinte des Objectifs de Développements Durables (ODD). CEO de GLESSI, une entreprise agricole spécialisée dans le digitale et qui fait la lumière sur les activités et innovations agricoles. Facilitatrice au sein de la Fondation BATONGA pour le projet Nos Voix Comptent, je travaille avec d’autres organisations de la société civile en tant que formatrice ou chef projet. Vice-Présidente de Women Agricultural Promotion (WAP), une organisation qui milite pour le développement inclusif des jeunes et des femmes agricoles et pour l’atteinte de l’ODD2.

 Lauréate du concours internationale Femme Inspirante Noire en 2020, j’ai été Meilleur Startup Made in Bénin en 2018. Grace à l’impact de mon organisation sur la communauté, j’ai été doublement distinguée par l’OCJ, entendez, Organe Consultatif de la Jeunesse en 2018. Lauréate benibiz 2019, j’ai été distingué en tant que Meilleur Entrepreneur Femme. Finaliste des Concours : de présentation de plan d’affaire Get in The Ring en 2018 ; de l’Amazone de l’agriculture en 2021, et de l’Oscar JCI Océan du Leadership Féminin. Nominée TOYP 2020 dans la catégorie leadership humanitaire et ou volontaire ; je suis Alumni de la Fondation Konrad Adenauer.   

Femme Inspirante pour la Decennie d’Action 2020, je suis mentor AWEP-BENIN, je fus Cheffe projet pour l’autonomisation des femmes agricoles au Bénin, par le Groupement des Educateurs sans Frontières (Gref-France) ; depuis Janvier 2020 je travaille au sein de l’Association Nationale des Conseils d’Enfants du Bénin.

Qu’est-ce que le service à la communauté représente pour vous ?

Pour moi, le service à la communauté est un travail non rémunéré effectué par une personne ou un groupe de personnes au profit de leur communauté ou de ses institutions. Le service communautaire est distinct du bénévolat, car il n’est pas toujours effectué sur une base volontaire. Elle peut être effectuée pour diverses raisons.

Vous avez pris part à assez de programmes de  leadership des jeunes. Dites-nous les grandes transformations qu’ils ont apportées dans votre vie ?

Effectivement, j’ai pris part à plusieurs programmes de leadership des jeunes tel que Jeunes Leaders du Bénin de la Fondation Friedrich Ebert en 2020. Ces programmes ont joués un rôle très important dans mon assertion professionnelle. Ils m’ont transformé. Et, j’ai aujourd’hui plusieurs connaissances dans plusieurs organisations.

Mon temps et chaque pas que je fais sont très précieux pour moi maintenant. Je travaille désormais non seulement pour ma communauté, mais aussi pour l’atteinte de mes missions. Il y a deux ans en arrière je me retrouvais un peu partout, sans avoir une vision unique.

On se rend compte que vous vous investissez beaucoup au domaine de l’agriculture et la sécurité alimentaire. Pourquoi ce choix ?

Passionnée de la nature et soucieuse du bien-être des communautés pauvres, j’ai toujours eu l’envie depuis mon enfance de leur apporter de mon énergie à travers des actions à impact. Pour la petite histoire, au cours de ma formation en agronomie, j’ai été dans le Mono pour un stage académique de découverte du milieu rural. Au cours de ma première semaine j’ai observé les producteurs sur leur organisation. J’ai été touché par la majorité des femmes, qui sont debout depuis 5h du matin. Enfant au dos, houe, machette, bassine, eau et râteau en main, elles sont pour la plupart accompagnées par leurs enfants ainés pour le champ.

Du retour au plus tard à 7h30, elles reviennent avec les produits de récoltes (qui sont amenés au marché le soir pour la vente), et se consacrent aux activités domestiques. Et pendant tout ce temps leurs maris sont toujours couchés et ne sortent que pour vaquer à leurs occupations. Certains, le soir pour un job de Zémidjan. Voir ces femmes à l’œuvre sans être connue et  avec tellement d’innovation, sans rien faire serait dommage pour moi.

J’ai eu un déclic suite à cela, et je me suis promis depuis ce jour de militer pour permettre aux femmes agricoles de bénéficier des opportunités au même titre que les hommes. C’est ainsi que je me suis engagée pour le développement agricole et la sécurité alimentaire à travers l’accompagnement des femmes agricoles. Mon rêve est d’être Angélique KIDJO du secteur agricole au Bénin et dans le monde.

En dehors de l’agriculture, quels sont les autres domaines que votre engagement communautaire embrasse ?

En dehors de l’agriculture, je travaille auprès d’autres organisations sur la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), le droit des femmes et des enfants.

Quels sont les grands impacts  que vos actions ont apportés dans votre communauté ?

A travers mes actions, plus de 2000 femmes agricoles arrivent à se positionner sur le marché, entreprennent des initiatives et améliorent leurs activités génératrices de revenus. Plus de 200 jeunes ont pu démarrer leurs projets, d’autres prospèrent aujourd’hui en tant que chef d’entreprises et ont accès aux projets. Plusieurs agriculteurs sont tournés vers l’agriculture biologique. L’accès à l’eau et à l’électricité au sein d’une école, a été une réalité pour des enfants de femmes agricoles dans l’Ouémé.

Quelles sont les grands projets et actions que vous comptez mener d’ici la fin de cette année pour servir la communauté ?

D’ici la fin de l’année, je compte former 6 groupements de femmes sur les techniques de production en agriculture biologique, sur l’accès au financement et faire des sensibilisations dans le domaine de la santé.

Dites-nous les difficultés que vous rencontrez souvent dans votre engagement pour la communauté !

Dans l’accomplissement de mes taches, je suis pour la plupart confronté à un manque de financement et d’accompagnement technique.

Le Bénin à l’instar des pays du monde entier a fait face à la pandémie de la COVID19 pendant plus de deux ans. Quelles ont été les grandes perturbations que la COVID19 a eues sur vos activités ou projets d’engagement communautaire ?

La COVID a ralenti tous nos activités ; surtout en 2020 où nous avons prévus faire des activités dans le nord-bénin. Les associations de femmes ont vu leur activité ralentis parce que, nous n’avions pas pu être là pour les accompagner dans le processus de mise sur le marché de leur produit. Mais nous avons qu’en même pu les aider à avoir assez de masque pour les soutenir.

Les défis qui attendent d’être relevés par la jeunesse  béninoises sont énormes, Avez-vous un appel  particulier à lancer ?

A la jeunesse béninoise, personne ne viendra construire votre développement, si ce n’est vous. Nous sommes aujourd’hui dans un monde remplir de personnes très dynamiques et innovantes. Notre pays a encore du chemin à faire, et sans vous et votre engagement on n’y arrivera pas. Travailler dur pour impacter votre communauté, n’attendez pas forcement une aide du gouvernement, il y a tellement d’opportunités autour de vous. Saisissez-les !

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure cet entretien ? Je tiens à remercier Leadership and Civic engagement Journal, pour cette opportunité que vous me donnez. Je suis convaincue que le développement du secteur agricole passe par l’accompagnement de tous acteurs de chaque chaine de valeur, mais principalement les femmes. J’invite le gouvernement à les mettre au cœur des politiques de développement.